Sois Mère et Tais-Toi

February 23, 2016

Cet article pourrait choquer certaines personnes, néanmoins, il n'est pas une critique, il est destiné à celles qui se posent des questions et qui ont besoin d'y voir un peu plus clair. Même si nombre d'articles ont déjà été rédigés sur le sujet, j'ai envie aussi d'apporter ma contribution.

 

Quand on regarde l'image de la "femme parfaite" aujourd'hui, c'est une vraie superwoman : elle a tout réussi ! Elle a un job extrêmement prenant qu'elle accomplit avec le sourire, toujours tirée à 4 épingles, elle a le temps de sortir prendre un café ou d'aller manger avec ses copines plusieurs fois par semaine, d'aller faire du sport, de passer du temps de qualité avec son mari ou compagnon. Sa maison est toujours impeccable et ses enfants aussi!

 

Pour de nombreuses femmes, la maternité est l'aboutissement de leur vie, ce pour quoi elles sont nées et pour d'autres, ce n'est pas si évident et c'est principalement à elles que je m'adresse aujourd'hui.

 

Il y a encore une dizaine d'années, dire qu'on ne voulait pas d'enfant était un sujet si tabou que même celles qui étaient presque convaincues osaient à peine se l'avouer. Et pour cause, la pression de la société pour que nous fondions une famille est grande. Les clichés ont la vie dure, mais une femme accomplie se doit d'être mère. Et aussi réussir sa vie professionnelle. Et sa vie de couple.

 

Vraiment? Vous êtes sûr(e)?

 

Honnêtement, pour moi, m'épanouir dans mon travail, être la compagne idéale, une fée du logis et en plus être une super maman, c'est juste impossible. Mon métier, que j'adore, occupe la majeure partie de mon temps (entre les cours eux-mêmes, les trajets, leur préparation ...) et quand je vois l'homme que j'aime, je prends le temps de me faire belle. de me rendre un peu désirable pour lui. Le ménage, c'est quand j'ai le temps, ... le lave-vaisselle est devenu mon meilleur ami. J'ai horreur du repassage et du nettoyage à grande eau. Quant à la cuisine, oui, mais pas tous les jours! Alors si j'ajoute un enfant dans l'équation ... .

 

Bien sûr, celles qui sont mamans me diront que leur enfant, ce n'est que de l'amour (ou presque) et que cela compense tout le reste. Oui, je ne doute pas qu'un enfant est une inépuisable source d'amour et de joie pour ses parents. Seulement voilà, quand je regarde ma vie, je me dis que si j'avais eu un enfant, cela aurait remis énormément de choses en question dans ma vie, y compris mon travail. Sans parler de mon couple. Ma priorité va à mon travail, ce qui me connaissent bien savent que mes cours passent avant tout ou presque. Sur le même pied d'égalité, il y a mon chéri et ma famille proche et j'ai déjà l'impression de manquer de temps pour tout faire (sans parler d'avoir du temps pour moi), donc je me demande comment font celles qui arrivent à jongler avec leur travail, leur vie de femme, de mère et arrivent encore à prendre du temps pour elle. Franchement, je les admire, celles qui peuvent tout faire car moi je ne peux pas.

 

Certaines vont renoncer à leur travail pour se consacrer à leur enfant, d'autres vont jongler avec les deux mais vont s'oublier complètement, avec les conséquences que cela peut avoir.

Nombre de mes amies se sont mariées avant l'âge de 25 ans, souvent avec le garçon qu'elles avaient connu adolescentes, mais aujourd'hui, toutes ont divorcé et sont seules ou ont refait leur vie. Pour beaucoup, la séparation est arrivée peu de temps après la naissance de bébé. Les raisons sont aussi variées que bonnes ou mauvaises, mais quand je suis arrivée à l'âge de 30 ans, j'en ai déduit qu'ajouter un bébé dans l'équation couple (souvent déjà bien complexe) n'allait pas forcément de source et que les bouleversements provoqués par l'arrivée de bébé pouvaient inclure également une séparation du couple. Bien entendu, tous les couples qui font des enfants ne passent pas par la case divorce mais dans la tête d'une jeune femme pas forcément convaincue par la maternité, l'idée a le temps de faire son chemin.

 

Quand mes amies se sont mariées, moi , j'étais encore à la recherche de qui j'étais vraiment, je me suis retrouvée sans vraiment le vouloir dans une vie qui n'était pas tout à fait celle que je voulais et j'étais tellement mal dans ma peau que je n'arrivais même pas à m'épanouir dans mon travail ou à entretenir une relation stable. J'ai d'ailleurs passé une bonne dizaine d'années à essayer de me trouver. De trouver ce qui allait me rendre heureuse. Et je ne l'ai trouvé que vers le milieu de la trentaine. C'est pour vous dire.

Et pendant toutes ces années, même si je me suis honnêtement posée plusieurs fois la question de la maternité, je n'ai jamais ressenti un désir profond et sincère d'être mère.

 

"Oh, mais c'est parce que tu n'as pas trouvé le bon que tu dis ça!"

 

Combien de fois n'ai-je pas entendu cette phrase qui pour moi ne veut rien dire? Trop de fois à mon goût. Comment peut-on savoir que l'homme avec lequel on fait un enfant est le bon? Toutes celles qui sont devenues mères pensaient avoir trouvé "le bon" mais combien l'étaient réellement?  Si c'était vraiment "le bon", pourquoi est-ce que ces mariages ont fini en divorce? Certaines personnes sont mûres très jeunes, certaines restent d'éternels adolescents, mais je pense que la raison pour laquelle trop de couples se sont séparés après l'arrivée de bébé est simple : ils n'étaient pas prêts.

 

En ce qui me concerne, mon choix de ne pas devenir mère était mûrement réfléchi, je l'assume pleinement et je ne le regrette pas car je ne suis pas sûre que j'aurais pu continuer à donner autant de moi professionnellement parlant si j'avais eu un enfant. Je ne me suis jamais sentie prête à en avoir un et plus le temps passe, plus je me dis que j'ai pris la bonne décision pour moi. A toutes celles qui se posent encore la question, surtout si vous avez autour de 30 ans, demandez-vous ce que vous apportera ce bébé. Si vous voyez plus de négatif que de positif, peut être vaut-il mieux attendre encore un peu et voir si votre vision des choses ne change pas. Si elle ne change pas, c'est que peut-être, vous, comme moi, ne serez pas malheureuse sans enfant. Par contre, si l'idée de passer votre tour vous angoisse, vous allez probablement vous décider dans un avenir relativement proche. Dans un sens ou dans l'autre.

 

 

Cette image bucolique, presque d'Epinal, est une vision idéalisée de la maternité. Celle que nous aimerions toutes vivre mais, même si je n'ai pas d'enfant, je peux vous assurer que j'ai suffisamment de mamans autour de moi pour me rendre compte que la réalité est souvent loin de cette image et j'aimerais qu'on arrête de dire aux jeunes femmes que leur vie ressemblera à cela quand elles auront un enfant. Parce que les chances que cela soit le cas sont quand même plutôt faibles et que même s'il y aura de super bons moments, vous n'échapperez pas aux nuits sans sommeil, aux caprices, aux maladies, aux problèmes à l'école (quelle que soit leur nature), aux fréquentations de votre enfant. Quand vous devenez mère, vous ne vous appartenez plus tout à fait et il serait temps qu'on le reconnaisse!

 

Avant de faire un enfant, on devrait pouvoir suivre des cours pour préparer l'après. Car on prépare énormément la femme à l'accouchement, elle est suivie et chouchoutée pendant toute sa grossesse, mais après? Vous vous voyez demander à votre mère comment elle fait pour gérer votre père après votre naissance (ou celle de vos frères et soeurs)? Même si vous avez une excellente relation avec votre mère, je ne suis pas sûre que vous puissiez parler sexe avec elle. Ni même que ses idées et les votres soient compatibles ... .

 

On ne nait pas parent, on le devient, dit-on. Mais c'est donc comme toute chose dans la vie, il y a un apprentissage à faire et ce n'est pas forcément "sur le tas" qu'on apprend tout ce qu'il faut savoir. Peut-être que si on savait un peu mieux à quoi s'attendre, peut être que si on envisageait autrement l'arrivée d'un enfant, avec des conseils et un suivi pour celles qui le souhaitent, celles qui se pose des questions seraient plus à même de prendre une décision éclairée. Car là où l'homme a le choix d'assumer ou non sa paternité, la femme n'a pas le droit de refuser sa maternité et celles qui osent le faire sont impitoyablement jugées. Mais quand on sait qu'une vie humaine est en jeu, on ne peut pas prendre ce genre de choses à la légère car trop de femmes souffrent d'une décision prise à contre-coeur, sur base de principes ou d'idées reçues et ferment ainsi la porte au bonheur, non seulement pour elles mais pour leur enfant.

 

 

Si je vous disais que la femme sur cette photo est une mère, quelle serait votre première réaction?

 

Trop souvent, les mères pensent ou oublient qu'elle sont aussi des femmes, avec des désirs et des besoins qu'elles mettent souvent de côté. Nous, les femmes, sommes très douées pour nous oublier au profit des autres, et surtout quand il s'agit d'un enfant ou d'un conjoint. Et pourtant, nous avons aussi le droit d'être heureuses et épanouies. Si vous êtes maman, heureuse, comblée et épanouie tant dans votre vie professionnelle que dans votre vie de couple, je vous dis bravo!

 

Mais si vous faites partie de celles qui ont tendance à s'oublier ... il y a probablement un petit travail à faire avantde vous lancer dans l'aventure ou pour revenir à un équilibre, car plus vous serez bien dans votre peau, plus votre enfant le sera aussi. de vous lancer dans l'aventure ou pour revenir à un équilibre, car plus vous serez bien dans votre peau, plus votre enfant le sera aussi.

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